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totila
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Tourisme, histoire et sciences annexes, balades, humour, photos, voilà ce que contiendra mon blog.
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13.06.2008
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15.09.2009

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UN FILM

Publié le 15/09/2009 à 14:27 par totila
UN FILM
L'Armée du crime est un film de Robert Guédiguian, présenté hors compétition à Cannes.

Il s'agit de la reconstitution d'une page mi-douloureuse, mi-glorieuse de la seconde guerre mondiale.
A Paris, pendant l'occupation allemande, le poète arménien Missak Manouchian est chargé par l'Internationale communiste de constituer un groupe de combattants pour participer à la libération de la France. Autour de lui militent clandestinement de jeunes étrangers, Hongrois, Polonais, Roumains, Espagnols, Italiens, que l'on appellera les FTP-MOI.
Après la distribution de tracts « contre les salopards », ils passent aux attentats contre les nazis. Traqué par une police bleu-blanc-rouge qui fait du zèle, ce front populaire d'émigrés finit par tomber, victime d'une dénonciation. Le réseau est fusillé au mont Valérien en 1944. La propagande franco-allemande placarde sur les murs "l'Affiche rouge", où ces héros de l'armée de l'ombre sont présentés comme une « armée du crime », des métèques, terroristes, juifs, bolcheviques, animés par la haine. Evoquant le Groupe Manouchian, Robert Guédiguian en fait un film qui est un hymne à la vie et à la résistance, un appel très contemporain à la lutte pour les droits de l'homme, à la résistance. Ce que cette belle et poignante fresque sous-entend, c'est qu'il existe encore aujourd'hui des échos à ce type de lutte, dans notre monde d'inégalités criantes, de replis communautaires et religieux. La reconstitution est très bien faite, avec ces hommes en marcel, les chansons de Ray Ventura, les bus à impériale qui un jour de rafle emmènent des citoyens à l'étoile jaune vers le Vél'd'Hiv. Tous les membres du groupe sont là, touchants, vibrant de leur idéal collectif et de leurs chemins personnels, mus par des sentiments intimes. L'armée du crime est un film historique où l'amour, les rapports familiaux sont authentiques. Un film où, par la grâce de la mise en scène et la délicatesse de l'interprétation, rien n'est éludé. Magnifiques, la dévotion amoureuse de Manouchian pour son épouse, la blessure béante en lui du génocide arménien, et le plan où il bascule dans la violence, où il lance sa première grenade et pleure, conscience fracassée. Magnifiques aussi, l'arrogance révoltée de Marcel Rayman (Robinson Stévenin), la détermination idéaliste de Thomas Elek (Grégoire Leprince-Ringuet). On n'oubliera pas Jean-Pierre Darroussin, qui endosse le rôle d'un petit flic français glauque, le fonctionnaire minable qui recueille les dénonciations et devient limier, prompt à torturer, à faire chanter. L'image d'une autre France.

La sortie du film en salles en France est prévue le 16 septembre 2009.



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L'Allemand qui sauva Bordeaux.

Publié le 12/08/2009 à 09:22 par totila
L'Allemand qui sauva Bordeaux.
Quelque chronique bordelaise.

Photo : Henri Salmide sur le port.

Le soldat Stahlschmidt et Bordeaux : En août 1944 sur le port, au niveau de la rue Raze, un blockaus contient les munitions destinées à la destruction des quais par les troupes allemandes. Le sous-lieutenant Heinz Stahlschmidt (aujourd’hui bordelais sous le nom de Henri Salmide), originaire de Dortmund, décide seul « au nom du Christ » et « par amour de l’architecture bordelaise », car « au-dessus de la discipline il y a une conscience », de faire sauter les explosifs entreposés dans le bâtiment dont il a la responsabilité. Le 22 août 1944, un peu avant 20 heures, il procède à l’amorçage puis à la mise à feu. Il prend son vélo, traverse les Chartrons et arrive au Jardin public à 20 h 30, heure de l’explosion. A ce moment précis, au Splendid Hôtel, allées d’Orléans, les envoyés du maire, Caussade et Larrose, sont en pourparlers avec le lieutenant Dornemann pour sauvegarder le port, le pont de pierre et la passerelle ferroviaire. L’explosion rompt aussitôt les négociations. Heureusement, le même jour, Antoine Cayrel, maire du Bouscat, contacte le négociant en vins Louis Eschenauer pour qu’il supplie son ami Kühnemann, capitaine de corvette et commandant du port, d’épargner les ponts et le port. A force de pourparlers et de bonne volonté de la part de tous les négociateurs en présence, en particulier du commandant Rougès, chef des sections FFI de la région bordelaise pour la Résistance, les autorités allemandes acceptent de ne pas détruire la ville en échange d’une promesse d’évacuation sans heurt. Le général allemand Nake, au dos d’une affiche, signe l’accord déclarant que les troupes allemandes doivent avoir quitté Bordeaux le dimanche 27 août 1944, au plus tard à minuit.

Qui a évité la destruction des quais ? Les négociateurs qui ont fait pression sur le général allemand ? Les résistants qui en reprenant à leur compte l’explosion ont bluffé, en laissant entendre qu’une forte armée aidée d’Anglais et d’Américains n’attendait qu’un ordre pour anéantir l’ennemi ? Le maire Adrien Marquet et ses amis qui, après cinq années de bonnes relations avec l’occupant, ont pu l’influencer pour que Bordeaux soit épargnée ?
Parmi toutes ces hypothèses, dont chacune porte une part de vérité, l’acte de Heinz Stahlschmidt s’avère déterminant. Les Allemands, malgré la destruction du blockaus de la rue Raze, possèdent encore assez de réserves en munitions et en hommes pour endommager sérieusement le port. Mais l’effet psychologique de l’explosion a modifié les comportements pour en arriver à un sage dénouement. L’ennemi parti, chacun veut s’en attribuer les mérites. La Résistance ne peut admettre que la survie de Bordeaux soit le fait d’un soldat allemand. Les agents anglais et américains proposent de fortes sommes d’argent à Heinz Stahlschmidt pour qu’il signe un papier reconnaissant qu’il a agi sous leurs ordres. Il refuse. Dès lors, sa vie qu’il espérait paisible dans un Bordeaux libéré sera maintes fois perturbée. En 1947 Heinz est naturalisé français sous le nom de Henri Salmide.

Il faudra le récit de l’historien Dominique Lormier dans son ouvrage Bordeaux brûle-t-il, la volonté du journaliste Christian Seguin dans son enquête publiée dans Sud-Ouest Dimanche en janvier 1993, et la démarche de l’écrivain Michel Suffran, pour rendre sa dignité à cet homme valeureux. Henri Salmide recevra, enfin, la croix de chevalier de la Légion d’honneur le 6 décembre 2000 en présence du préfet de la région Aquitaine Christian Frémont.

Chroniques bordelaises

Publié le 07/08/2009 à 14:27 par totila
Chroniques bordelaises
Quelques chroniques bordelaises.


En 1833 l’état civil enregistre la naissance d’Hortense Schneider : Hortense Schneider naît le 30 avril 1833, au 110 de la rue Sainte-Catherine. Elle est la fille du tailleur Antoine Schneider et d’Elisabeth Boissière. Vingt ans plus tard, elle découvre la scène, le chant et débute au théâtre d’Agen en 1853. Elle monte à Paris en 1855 où elle découvre la Seine. Le chanteur Jean Berthelier la présente à un jeune musicien nommé Jacques Offenbach. Le reste de sa carrière est du domaine du rêve et de la légende. Sa renommée tient surtout à la remarquable interprétation des plus grands rôles des opérettes d’Offenbach : La belle Hélène en 1864, La grande duchesse de Gérolstein en 1867 et La Périchole en 1868. Populaire, admirée, courtisée par les rois et les princes qui se précipitent dans sa loge à la fin des spectacles, elle quitte la scène peu après la mort d’Offenbach en 1880. Mariée à un comte italien qui s’intéresse à sa fortune, puis divorcée, elle vit les trente dernières années de sa vie recluse auprès d’un fils « intellectuellement éprouvé », et meurt à Paris en 1920, dans l’indifférence générale. Elle repose au cimetière protestant de Bordeaux.

Premier train Bordeaux-La Teste le 6 juillet 1841 : Le 17 juillet 1837, l’Etat concède à la Compagnie de La Teste la construction de la première voie ferrée en Gironde, de Bordeaux à La Teste (52 km) afin de relier la métropole girondine aux établissements de bains. Le choix de l’emplacement de cette gare déclenche une polémique, chaque quartier en revendique la possession. La commission d’enquête doit choisir entre plusieurs propositions, celle du haut de la rue Lecocq, de la barrière de Pessac et du cours d’Aquitaine. Le ministre des Travaux publics tranche lui-même en faveur du domaine de Ségur, à la barrière de Pessac. La gare en bois et ses dépendances, construites dans ce quartier, couvrent une superficie de plus de 50 000 m2. L’inauguration a lieu le mardi 6 juillet 1841, en grande pompe, ponctuée d’un élogieux discours, de la bénédiction de la gare par l’archevêque, Monseigneur Donnet et des flonflons de la fanfare du régiment. Le préfet, le baron Sers, le maire David Johnston et son conseil, les officiels et les invités, montent dans le train en direction de La Teste où les attend le maire de la ville, Jean-Clément Soulié, entouré de ses conseillers. Après un copieux banquet, « la société se dirige sur les bords du Bassin pour admirer la beauté du spectacle.» En fin de journée, le retour à Bordeaux en train dure 1 heure 45 minutes pour 52 kilomètres, avec 22 stations desservies.
En 1857, la ligne Bordeaux-La Teste est prolongée jusqu’à Arcachon (station balnéaire fondée en 1823). Il faudra attendre le 17 juillet 1853 pour voir arriver à Bordeaux le premier train venant de Paris.

UZA (Landes)

Publié le 11/02/2009 à 12:00 par totila
UZA (Landes)
Uza (Landes).

Photographie : la salle des fêtes.


En 1252, Pierre, vicomte de Tartas, parfois nommé Pierre d’Acqs, était possesseur du château d’Uza, de la justice de Born, Mimizan, montagne et côte de Biscarrosse. En 1358, Edouard III, roi d’Angleterre accorda à Guillaume de Pomiers, seigneur d’Uza, droit de pêche à la baleine de Biscarrosse à Saint-Julien. Uza est un village historique. Tout ce qui s’y est passé se confond au cours des siècles avec l’histoire de la famille Lur-Saluces. Le comté est d’origine inconnue. A la fin du XIVe siècle ce fut une possession des Montferrand, seigneurs de Sanguinet en la vicomté d’Escouasse et marquisat de Landiran. En 1431, François de Montferrand, seigneur d’Uza, signe un traité avec François de Gramont « par lequel le premier s’engage à aider de Gramont dans ses entreprises de guerre ». Isabeau de Montferrrand transfère Uza aux de Lur par son mariage en 1398. Vers le fin du XVIe siècle, Jean de Lur d’Uza, épousa Charlotte de Saluces et les vicomtes d’Uza, en vertu des lettres de patentes de 1589, après l’extinction de la ligne masculine des Saluces, prirent le nom des comtes d’Uza, marquis de Saluces et héritèrent de tous leurs droits.


Importante seigneurie aux frontières du pays de Born et du Marensin, Uza devint propriété de la famille de Lur en 1472. Leurs descendants ne se contentèrent pas d’être des seigneurs terriens mais entretinrent pendant quatre siècles l’activité d’une forge artisanale qui devint entreprise industrielle en 1759.
Il fallut cependant attendre 1874 pour que l’ancienne seigneurie soit reconnue sous la forme d’une commune, grâce à l’action du marquis Romain-Bertrand de Lur-Saluces, dont les descendants firent construire une mairie, mise à la disposition des nouveaux « citoyens », tout comme leur père avait fait édifier pour les paroissiens, en 1867, l’église placée sous le vocable de Saint-Louis. Edifice en pierre de taille – à l’exception des murs latéraux bâtis en moellons recouverts d’enduit -, couvert d’ardoise, elle est l’œuvre de l’architecte bordelais Louis Garros. Au clocher porche succède une nef longue de trois travées, un faux transept et un chœur de plan semi-circulaire qu’encadrent deux chapelles latérales de même plan. A l’intérieur, de fausses voûtes d’ogives en brique et plâtre couvrent les travées de la nef, leurs arcs retombent sur des colonnes à chapiteaux à crochets, les clés sont sculptées et peintes. Tout ici fait référence au XIIIe siècle, considéré comme le style chrétien et national par excellence.
Le Chemin de croix qui la décore a été coulé en métal par les employés de la forge. Le décor peint de l’abside représente des niches abritant des saints. Sur le maître-autel, repose un tabernacle cantonné de deux anges lampodophores et surmontés d’une statuette du Christ dans une mandorle, l’ensemble étant réalisé en métal doré. Les absidioles sont ornées de deux fresques consacrées au Pèlerinage de Notre-Dame de Contis, du peintre Vincent (1890). L’école, la gare et d’autres bâtiments communaux voisinent dans une urbanisation très aérée, à la manière d’un airial. Ils sont au service des habitants, autrefois employés de la forge pour la plupart, dont les logements en rez-de-chaussée, bâtis en brique et pan de bois, sont sagement alignés entre le pôle administratif et religieux du village et son pôle économique, constitué par la forge, qui se développa sous le Second Empire, grâce à l’essor du chemin de fer.


Le château d’Uza : En 1929, Bertrand de Lur-Saluces décida de confier la modernisation de l’ancienne forteresse d’Uza à l’architecte dacquois Jean Prunetti. Nonobstant les citations d’ornements contemporains, on serait tenté de penser que Prunetti s’inspira de références italiennes, comme la façade sur jardin de la villa Médicis à Rome ou à des exemples toscans. De plan rectangulaire, la demeure se dresse sur un talus de plan carré dont elle occupe presque toute la surface. L’accès se fait à l’ouest par un pont de pierre dont le tablier repose sur des arcs en plein-cintre. L’édifice, dont la toiture plate est en terrasse, compte trois niveaux et est cantonné par des tours carrées ou cylindriques. Il est inscrit aux Monuments Historiques.

Après la guerre, Prunetti éleva encore en 1957 le dernier équipement public commandé pour la commune par le marquis de Lur-Saluces, la salle des fêtes. Cette construction, qui comporte des éléments néo-basques, est ornée de quatre bas-reliefs faisant référence au folklore landais, réalisés par le sculpteur Vincent Batbedat. A la même époque, une fabrique d’emballages en matière plastique fut créée pour prendre le relais des forges déclinantes dont la fermeture et la destruction survint en 1981. Seul l’atelier a été conservé en l’état, quoique abandonné : il reste le dernier témoignage de l’activité sidérurgique d’Uza.

Tout doucement, sans bouleverser les mœurs inscrites dans l’histoire de la commune, Alexandre de Lur-Saluces a permis une lente évolution. « La réforme, dit-il, passe mal. Et je fais l’objet de quelques critiques, la caisse de résonance étant le Conseil municipal. » La fonderie, dont les bâtiments exceptionnels s’abîmaient, a été classée à l’inventaire des Monuments historiques, ainsi que le lac et le château. Les travaux de réhabilitation ont débuté. Le village n’a pas bougé, mais il s’inscrit désormais dans le XXIe siècle. Ainsi, les maisons d’habitation sont transformées en gîtes ruraux destinés à accueillir les touristes. Un camping florissant assure des emplois. Le comte a embauché une équipe de jeunes dirigeants, ambitieux. Les terres autour d’Uza seront vouées à l’agriculture biologique.

CADILLAC

Publié le 05/02/2009 à 12:00 par totila
CADILLAC
Cadillac (Gironde).

Photographie : le château des ducs d’Epernon.

Commune : Cadillac.
Canton : Cadillac.
Arrondissement : Bordeaux.
Département : Gironde.
Superficie : 499 hectares.
Altitude : 18 mètres.
Population : 2427 habitants en 2006, (3340 au recensement de 1975, et 3748 en 1968).

HISTOIRE :
Le roi Edouard Ier confie à Jean de Grailly, seigneur de Benauges & Castillon, alors sénéchal de Guyenne, le soin de faire réparer les forteresses existantes en Guyenne et de construire des bastides. C’est dans ce contexte qu’est fondée en 1280 la cité de Cadillac. De l’ancienne bastide subsistent son plan géométrique initial, ses îlots de maisons, sa place centrale avec encore quelques arcades, deux de ses quatre portes fortifiées – la porte de la Mer et la porte de l’Horloge couronnée d’un dôme à lanternon (1772) -, trois tours et une grande partie de son mur d’enceinte. Mais ce tracé pratiquement orthogonal est perturbé au nord-est par la présence d’un vaste château.

Elevé sur un éperon calcaire, au pied duquel coule une petite rivière, l’Euille, ce château a été entièrement reconstruit à partir de 1598 par le premier duc d’Epernon, Jean Louis de Nogaret de La Valette, époux de Marguerite de Foix-Candale, héritière de la vicomté de Benauges et donc de Cadillac.
Le duc charge Pierre Biard de réaliser les dessins de sa future demeure, puis confie la direction du chantier à Pierre Souffron. En 1603, après avoir achevé le pavillon central et la partie nord du corps de logis, il est remplacé par Gilles de la Touche Aguesse. Celui-ci termine la partie méridionale du corps de logis et construit l’aile en retour, vers l’est, destinée à abriter des galeries ; il quitte le chantier en 1616. L’aile opposée et la clôture de la cour, interrompue par un portail monumental, sont réalisées entre 1626 et 1634. Achevé en 1630, l’édifice se développe sur trois niveaux, au-dessus d’un lourd soubassement abritant les magasins, la boulangerie, les cuisines, les réserves, des forges et des ateliers. Disposé en U autour d’une cour d’honneur, il est entouré de douves sèches et protégé par des bastions. L’élévation du bâtiment principal est interrompue par un pavillon central, légèrement saillant, qui dissimule le grand escalier. A chacune des extrémités de ce corps de bâtiment s’élèvent deux pavillons, en retrait vers l’extérieur. De là, se développent deux ailes en retour d’équerre, portées par des péristyles et terminées par deux pavillons également en retrait. Un mur de clôture épais, à chaînes et bossages, les relie et ferme la cour d’honneur.
A l’intérieur, le château abritait, d’un côté, les appartements royaux, de l’autre ceux du duc. Peu de choses subsistent du mobilier des « soixante chambres » du château, hormis quelques tapisseries du XIIIe siècle qui décorent aujourd’hui certaines salles, les plafonds à la française avec leurs poutres colorées et les huit cheminées monumentales décorées de marbres polychromes. En rez-de-jardin, la salle de garde voûtée accueille des expositions temporaires. A proximité, un curieux escalier de service à vis suspendu dessert les étages de cette vaste demeure.
A partir du XVIIIe siècle, le château va subir de nombreuses dégradations : le remplacement des toitures en ardoises par des toitures à croupes en tuiles creuses, l’ajout d’arcs segmentaires au-dessus des baies rectangulaires, la construction d’ailes basses à l’emplacement des péristyles lors de l’appropriation du château en « maison de force et de correction » pour femmes de 1822 à 1890, puis en « école de préservation de jeunes filles » de 1891 à 1942, ou encore la disparition du portail de la cour d’honneur remplacé par le pavillon de la conciergerie. Le jardin d’agrément, situé en dehors des douves, au pied de la façade postérieure, a perdu sa splendeur du XVIIe siècle. La fontaine jaillissante, les allées de charmilles, la salle d’armes et la grotte de coquillages ont laissé place, lors de sa recomposition en 1958, à un jardin à la Française au milieu duquel est posé un bassin circulaire en marbre. Depuis 1952, Cadillacais et amoureux des vieilles et belles pierres travaillent à la renaissance du palais du duc d’Epernon qui conserve en ses murs son passé de demeure d’apparat mais aussi de maison de détention.

L’administratrice du château de Cadillac est Madame Françoise Henry-Morlier.

Château de Camarsac à Camarsac (Gironde)

Publié le 26/09/2008 à 12:00 par totila
Château de Camarsac à Camarsac (Gironde)
Château de Camarsac à Camarsac (Gironde).
Photographie : le château façade est (vu depuis les vignes).

Commune : Camarsac
Canton : Créon
Arrondissement : Bordeaux
Département : Gironde
Superficie : 516 hectares
Altitude : 44 mètres
Population : 771 habitants (recensement de 1999)

Architecture civile :
-- Château de Camarsac, manoir fortifié flanqué de tourelles, restauré au 19eme siècle ;
-- Pigeonnier 15eme ou 16eme siècle.

Architecture religieuse :
-- Eglise romane non voûtée (IMH) : abside circulaire à la base, puis polygonale ; chaire en pierre 17eme, retable en bois doré 17eme(C), pietà de pierre 15eme(C).

HISTOIRE :
-- Seigneurie citée dès le 11eme siècle. D’après la tradition un membre de la famille d’Aillan ( ?) fit reconstruire le château fort au 14eme sur autorisation du Prince Noir.

Le château de Camarsac :
Il est situé au milieu de l’Entre-deux-Mers, sur un promontoire de forme carrée nivelé au moyen de plusieurs terrasses sur lesquelles il prend assise, sur la rive gauche du Gestas. Le château fut bâti au début du XIVeme siècle, sans doute par la famille de Canteloup. En effet un acte du roi Edouard II, daté du 15 février 1312, autorise Laurent de Canteloup à construire une maison forte dans la paroisse de Camarsac.
Le château primitif du 14eme siècle se présente sous la forme d’une grosse tour presque carrée (14x17 mètres) cantonnée de quatre tourelles montées sur des contreforts, sauf l’une d’entre elles, qui contient un escalier en vis. Le tout s’élevait sur deux étages et un étage de combles. A l’origine on entrait du côté nord par une porte protégée par une bretèche, transformée aujourd’hui en un balcon. L’accès à la bretèche se faisait par le premier étage, par un étroit couloir percé d’archères (deux cruciformes et une en forme de bêche). Le rez-de-chaussée était divisé en quatre pièces par d’épais murs de refend. A l’origine ce niveau n’était que très faiblement éclairé par de simples archères à la place desquelles on trouve maintenant des fenêtres ou des cheminées. Ce niveau servait de corps de garde et de magasin.
Le premier étage était destiné à l’habitation. L’accès à ce niveau se faisait par un escalier en vis étroit situé dans la tour nord-est. Cet escalier fut supprimé au 18eme siècle et désormais on parvient à l’étage par un très bel escalier situé dans le bâtiment méridional. Ce niveau présentait quatre pièces éclairées par des fenêtres subtrilobées en arc brisé géminé, on peut encore en voir une sur la façade est. Leurs embrasures étaient en plein cintre et garnies de coussièges. Trois de ces pièces communiquaient entre elles par des portes percées au croisement des murs de refend. Toutes les salles disposaient de cheminées murales à hottes.
Par des portes percées dans les angles, on entrait dans les tourelles hexagonales garnies d’archères en croix pattée destinées à défendre les quatre cotés du château.
Enfin, quatre pignons dessinaient deux combles posés sur les murs latéraux et les murs de refend. Ce niveau était certainement aveugle. Un chemin de ronde avec crénelage et mâchicoulis faisait le tour de l’édifice.
Cette « forteresse » subit une restauration au XVeme siècle par Monot de Canteloup. Elle avait pour but d’améliorer le caractère résidentiel et répondait à une tendance générale de cette époque où les seigneurs cherchaient plus de confort dans leur château. Tous les étages du château et des tours furent percés de fenêtres permettant d’assurer un plus grand éclairage. La modification la plus importante consista à ajouter un niveau médian entre le rez-de-chaussée et le premier étage.
Catherine de Canteloup, fille de Raymond de Canteloup, nièce ou petite-fille de Monot, épousa vers 1450 Bertrand de Gères et lui apporta en dot le château et la terre de Camarsac. Le château restera la propriété de la famille de Gères puis de ses descendants jusqu’au XXeme siècle.
Enfin, au XIXeme siècle, le château va prendre sa physionomie actuelle. L’ensemble du logis, forteresse primitive et corps de logis méridional ajouté au XVIIIeme siècle, sera alors restauré dans le style néo-gothique par Auguste de Gères de Camarsac. Cette dernière rénovation a donné au château un grand aspect décoratif qui en font une des plus belles résidences de la Gironde, mais largement méconnue.
Au pied du château, du côté méridional, une grande cour est ceinturée par les cuviers, chais, bâtiments agricoles divers, dans une organisation traditionnelle typique des exploitations agricoles aristocratiques de la région.
En 1973 Lucien Lurton rachète le domaine et entreprend d’en faire une belle exploitation viticole. Sa fille Bérénice prend sa suite, et revend le château et la propriété à son frère Thierry Lurton en 2007.

Ouvrages consultés : LA GUYENNE MILITAIRE – Léo Drouyn – Bordeaux-Paris 1865-
Réédition LAFFITTE Reprints 1977.

LES CHATEAUX DE LA GIRONDE – Henry Ribadieu – Bordeaux 1856-Réédition La Découvrance 1996.

AQUITAINE HISTORIQUE N° 46 de septembre 2000 – pages 7 à 10 : article de Cécile Bernard.

GUIDE TOURISTIQUE, HISTORIQUE ET ARCHEOLOGIQUE DE LA GIRONDE – Mgr Olivier Laroza – Bordeaux 1975.

La Brède (Gironde)

Publié le 04/07/2008 à 12:00 par totila
La Brède (Gironde)
LA SEIGNEURIE DE LA BREDE

La maison de La Lande apparaît sur la terre de La Brède, vers la fin du XIe siècle, en 1079.
Moins d’un siècle plus tard, Aliénor d’Aquitaine, par son mariage avec Henri Plantagenêt, faisait passer la Guyenne sous la domination de la Couronne d’Angleterre. Dès lors, et jusqu’en 1453, la baronnie de La Brède ne cessa de subir le contrecoup des luttes dont la Guyenne fut le théâtre.
Des lettres patentes de Charles VI autorisent, en 1419, Jean II de La Lande à fortifier le château de La Brède. Le 26 janvier 1426, Jean II épousa Jeanne de Foix, fille de Gaston de Foix, captal de Buch. Fidèle vassal du roi d’Angleterre, il est contraint de s’exiler à la suite de la reconquête de la Guyenne par Charles VII qui donna la seigneurie de La Brède à Louis de Beaumont, sénéchal du Poitou. Jean de La Lande ne recouvre la seigneurie de La Brède qu’en 1463.
Sa fille unique, Catherine, mariée à Gaston de l’Isle, seigneur de La Rivière, hérita de La Brède. Par testament, en date du 17 mars 1502, Gaston de l’Isle légua la seigneurie à son fils Pierre. Le fils de ce dernier, Gaston II de l’Isle, épousa, le 6 août 1548, la fille unique de Pierre de Lur, vicomte d’Uza.
Leur plus jeune fille, Françoise, mariée en 1577 à Jean de Pesnel, seigneur de Bano et de Coutures, hérita de La Brède.
L’arrière-petite-fille de Jean de Pesnel, Marie-Françoise de Pesnel, épousa en 1686 Jacques de Secondat. La seigneurie de La Brède est ainsi entrée dans la lignée des Montesquieu.

Château de Roquetaillade à Mazères (Gironde).

Publié le 16/06/2008 à 12:00 par totila
Château de Roquetaillade à Mazères (Gironde).
Le château de Roquetaillade.

Un authentique château fort du Moyen Age toujours vivant.
Propriété privée appartenant à la famille de Baritault, sur la commune de Mazères près de Langon.
Roquetaillade est un exemple rare d’architecture féodale avec deux châteaux dans la même enceinte. Du Château Vieux construit à partir du XIIe siècle subsistent le donjon, la tour-porte et les grandes salles. Le Château Neuf construit au début du XIVe siècle est en parfait état de conservation. Son énorme donjon central, dominant l’ensemble des fortifications, est un exemple unique dans la région. Ce palais-forteresse fait partie des châteaux construits par le pape Clément V ou sa famille. Les propriétaires firent effectuer une restauration complète à la fin du XIXe siècle. Viollet le Duc, architecte le plus prestigieux de son temps, mena à bien le projet. Aujourd’hui Roquetaillade est le seul témoin d’une restauration complète touchant à la fois l’architecture, le mobilier et la décoration qui annonçait déjà l’Art Nouveau.
A découvrir : le parc de 20 hectares, la chapelle Saint-Michel, la salle synodale, les salons, la chambre rose, et surtout, les cuisines, rares intérieurs classés monuments historiques.
C’est un des lieux historiques les plus visités de la Gironde.

En juillet et août ce monument est ouvert au public de 10 h 30 à 18 h, tous les jours.

Je vous recommande d’arriver à Roquetaillade en venant de Roaillan, plutôt que de Mazères, vous comprendrez pourquoi.

Château La Louvière à Léognan (Gironde).

Publié le 16/06/2008 à 12:00 par totila
Château La Louvière à Léognan (Gironde).
Photographie : vendangeurs à La Louvière en 1922.


En l’an de grâce 1476, la forêt parcourue par des hordes de loups occupait la quasi-totalité de la paroisse de Léognan. Mais, au lieu-dit « La Lobeyra » (La Louvière), l’homme avait défriché une vaste clairière et s’était lancé dans la grande aventure viticole. La production était à cette époque encore réduite, de l’ordre de quelques dizaines de barriques, mais la qualité des vins produits était déjà reconnue. La famille de Guilloche, d’ancienne bourgeoisie anoblie par les charges, présidait alors à la destinée de ces lieux, depuis 1398. Son implication dans la vie politique de la cité bordelaise, au sein du Parlement, fut indéniable et ce pendant plus de deux siècles.
Entre 1510 et 1550, Pierre de Guilloche, puis son fils Jean, se lancèrent dans de vastes opérations foncières : achats, échanges de parcelles se succédèrent. Ces importants remembrements autour de la maison noble de La Louvière, semblable alors à un modeste castel orné de plusieurs tours, furent à l’origine du domaine que nous connaissons aujourd’hui.
En cette première moitié du XVIe siècle, à l’instar de la famille de Guilloche, plusieurs parlementaires bordelais donnèrent naissance aux grands crus actuels. De confession protestante, les de Guilloche endurèrent plusieurs vagues de persécutions dans les années 1572 et leur bien de La Louvière fut, à maintes reprises, mis à sac.
Héritier de la maison de Guilloche, Tobie Andron de Lansac, seigneur de Roquetaillade, vendit la Louvière en 1618 à Arnaud de Gascq, abbé commendataire de l’abbaye de Saint-Ferme.
Mais, incapable de remettre en état cette propriété, ce dernier en fit don le 28 avril 1620 à la Chartreuse Notre-Dame de Miséricorde de Bordeaux. Tous les soucis de restauration du domaine et de son exploitation reposaient désormais sur les moines de la Chartreuse. La grande rigueur de cet ordre religieux et une gestion des plus méticuleuses vinrent rapidement à bout de la plupart des problèmes rencontrés jusqu’alors. La Louvière revivait enfin !
Bénéficiant en ce début du XVIIe siècle d’une conjoncture particulièrement favorable au développement de l’activité viticole, nos religieux apportèrent une attention toute particulière au vignoble. Dans les chais, tonneliers et maîtres de chais ne ménageaient pas leurs efforts et prodiguaient les meilleurs soins aux vins blancs et rouges, très prisés des marchands picards, anglais et flamands. Chaque année, plusieurs dizaines de barriques de vin rouge de La Louvière étaient ainsi embarquées sur des navires en direction de l’Angleterre ; les blancs partaient vers le Nord de l’Europe. Au XVIIIe siècle, les vins produits par les Chartreux étaient parmi « les plus excellents qu’on puisse boire dans tout le royaume ». Maîtres de la Louvière pendant près de deux siècles, les Chartreux en furent dessaisis au moment de la tourmente révolutionnaire.
En novembre 1789, l’Assemblée Nationale confisqua les biens du clergé. Déclaré « Bien national » , le domaine de La Louvière fut mis en vente au printemps 1791. Le vignoble s’étendait alors sur une quarantaine d’hectares. Les enchères furent remportées par un négociant bordelais, Jean-Baptiste Mareilhac. A la tête d’une des maisons de négoce les plus prospères de Bordeaux, Jean-Baptiste connaissait bien La Louvière dont il exportait une partie des vins vers Saint-Pétersbourg. Cette propriété était donc pour lui un très bon investissement.
Mais une seule chose manquait encore à son bonheur : une demeure digne de sa jeune épouse Jeanne-Emilie. Pour cette grande entreprise, il fit appel à un architecte de renom, François Lhôte, ancien élève de Victor Louis, auteur du Grand Théâtre de Bordeaux. La vieille maison et ses vestiges moyenâgeux laissèrent la place à une belle bâtisse dans le plus pur style néo-classique. Pour la décoration intérieure, il sollicita un de ses amis, François-Louis Lonsing, peintre d’origine flamande de grand talent. Celui-ci réalisa les grisailles et les plafonds du salon rotonde sur le thème des amours Psyché. Mais victime d’un empoisonnement dû au maniement de pigments toxiques, cet artiste ne put achever ses travaux et mourut à La Louvière au printemps 1799.
La nouvelle demeure fit l’admiration de tous. En 1946, le site fut inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques et fut classé en 1991.
La famille Mareilhac présida à la destinée du domaine pendant une grande partie du XIXe siècle. Alfred Mareilhac, petit-fils de Jean-Baptiste hissa le vignoble de La Louvière parmi les vignobles les mieux tenus du département et obtint pour ces fabuleux résultats une « médaille d’or » décernée par le Ministère de l’Agriculture en 1869.
En 1911, Alfred Bertrand-Taquet, parisien d’origine, actionnaire de la « Revue Vinicole » acheta le domaine et en assura la gestion jusqu’en 1944. Il fut élu maire de Léognan en 1919 et le resta jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale. Victime de l’absentéisme de ses propriétaires, la Louvière joua par la suite,les belles endormies pendant plus de quinze ans.
Enfin, en 1965, André Lurton, viticulteur originaire de Grézillac tomba sous les charmes de La Louvière et s’en rendit acquéreur. Les années qui suivirent, virent ce domaine retrouver peu à peu son prestige d’antan… La demeure fut entièrement restaurée et le vignoble reconstitué…